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Viens, entre...
Je suis né à Pachino en treize-cent vignt-quelque chose, le deuxième fils d’un noble sans importance. Quand j’étais assez grand il m’a donné un cheval, et j’ai quitté pour voyager de tous cotés à la recherche de connaissance, d’expérience, de femmes, et d’une bataille ou deux. Mercenaire ? Eh bien, je me vois plutôt comme un homme lettré qui par hasard sait se servir d’une épée.
Oui, c’est une arbalète ; tu as jamais vu ça ? Un bonhomme nommé Barnetti l’a fabriqué. Je l’ai eu à Genoa quand j’ai servi avec leurs merc… leur armée. C’est pratique à avoir, et je me débrouille pas mal avec elle.
Que dis-tu? Pourquoi rouge et blanc? Eh bien... Vois-tu, à Pachino on me nommait Sebastiano lo Bianco, «le blanc». Tu peux bien t’imaginer pourquoi. C’est ce qui arrive quand tu es descendant des Normands et tous les autres paraissent plus typiquement siciliens. Un jour, une belle journée printanière méditerranéenne, je retournais à la maison par la côte. Au milieu de la journée j’avais chaud, j’avais faim, et j’étais fatigué, et j’ai pensé qu’il serait bon de reposer mon cheval. L’eau paraissait bonne, je me suis donc baigné pour me rafraîchir. Ensuite, j’ai mangé, et j’ai dormi. Quand je me suis réveillé, en bien, ils m’appellent Sebastiano lo Rosso, «le rouge» depuis.
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