Maximin Giraud est né à Corps, le 26 août 1835.Dans les trois années qui suivent celle de l'Apparition, il perd son demi-frère Jean-François, sa belle-mère Marie Court et son père le charron Giraud. Il est mis sous la tutelle du frère de sa mère, l'oncle Templier, homme rude et intéressé. A l'école, ses progrès sont modestes. La Soeur Sainte Thècle qui veille sur lui l'appelle "le mouvement perpétuel". Ajoutez à cela les pressions exercées par les pèlerins et les curieux.
Dans ces circonstances, quelques illuminés légitimistes, partisans d'un soi-disant fils de Louis XVI, veulent l'utiliser à des fins politiques. Maximin les mystifie avec des balivernes. Contre les conseils du curé de Corps et outrepassant l'interdiction de l'évêque de Grenoble, ils emmènent l'adolescent à Ars.
Celui-ci n'aime pas leur compagnie mais apprécie l'occasion de voir du pays. Ils sont reçus par l'imprévisible abbé Raymond, que, d'entrée, traite La Salette de supercherie et les voyants de menteurs.
Durant la matinée du 25 septembre 1850, le curé d'Ars rencontre deux fois Maximin, dans la sacristie puis au confessional, mais sans confession. Qu'a pu raconter l'adolescent exaspéré? Le résultat est que durant des années le saint curé ne cessera de douter et de souffrir. Après le mandement du 19 septembre 1851, il renverra ses interlocuteurs au jugement de l'évêque responsable. Il mettra plusieurs années avant d'y acquiescer lui-même, et de retrouver la paix.
Quant à Maximin, tout en affirmant qu'il ne s'est jamais démenti il aura bien du mal à justifier son comportement.
Durant cette période, M. et Mme Jourdain, un couple tout dévoué à son service, lui assure un semblant de stabilité et paie ses dettes au risque de se ruiner.
En novembre 1874, Maximin monte au pèlerinage de La Salette.
Devant un auditoire particulièrement attentif et ému, il refait le récit de l'Apparition comme au premier jour.
Ce sera la dernière fois. Le 2 février 1875, il se rend pour la dernière fois à l'église paroissiale.
Le soir du 1
Cinq minutes plus tard, il rend son âme à Dieu. Il n'a pas encore quarante ans.
Sa dépouille repose au cimetière de Corps mais son coeur est dans la basilique de La Salette près de la console de l'orgue. C'était sa dernière volonté, pour marquer son attachement à l'Apparition:
"Je crois fermement, même au prix de mon sang, à la célèbre Apparition de la Très Sainte Vierge sur la Sainte Montagne de La Salette, le 19 septembre 1846, Apparition que j'ai défendue par paroles, par écrits et par souffrances... Dans ces sentiments, je donne mon coeur à Notre Dame de La Salette."
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